Au Québec, désinvestissons des énergies fossiles

L’AVEQ publie un texte de recycle ta Caisse

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Représentation de la superficie des permis détenus pour exploiter les sables bitumineux (grand carré rouge dans le nord-est de l’Alberta) ainsi que de celle nécessaire pour assurer tous les transports au Canada par l’énergie solaire (petit point au milieu du carré rouge).

06/05/2016

Le 8 mars, l’AVEQ publie un article de Recyle ta Caise qui fait tabac. Plus de 1100 personnes aiment l’article, ce qui montre l’intérêt des modes de transport sans émissions.

Et si les Canadiens passaient des sables bitumineux à l’énergie solaire pour alimenter leurs véhicules ?

8/3/2016

Elon Musk, le fondateur et PDG de l’entreprise Tesla, parle souvent de la superficie nécessaire pour répondre aux besoins énergétiques des États-Unis à partir de l’énergie solaire et ceci, en incluant les transports. Ce qui surprend dans l’image qu’il donne, c’est à quel point cette superficie est petite. Au Canada, si l’on choisissait d’électrifier tous nos véhicules et de les alimenter à l’énergie solaire, à quoi cela ressemblerait-il ?

Selon les données de Transport Canada, les voitures, camions légers et camions lourds parcourent ensemble environ 350 milliards de kilomètres annuellement. Si ces véhicules étaient électrifiés, 87,5 TWh seraient nécessaires pour les mouvoir. Comment a-t-on obtenu ce chiffre ? En divisant la distance parcourue par une consommation moyenne des véhicules de 4 km/KWh, un chiffre conservateur supérieur à la consommation du VUS électrique 7 passagers de Tesla (le modèle X, qui selon l’agence de protection de l’environnement des É-U parcoure entre 4,5 et 5)

Et de quel espace aurions-nous besoin pour produire cette électricité ? Les données du ministère des ressources naturelles du Canada montrent que la majorité des provinces canadiennes profitent d’un ensoleillement supérieur à 4,2 KWh par mètre carré par jour. Avec des panneaux solaires ayant un taux d’efficacité modeste (18 %), on obtient minimalement une production annuelle de 276 KWh par mètre carré. Les 87,5 TWh nécessaires pour alimenter les déplacements de tous nos véhicules pourraient donc être produits par une surface de 317 km2 couverte de panneaux solaires. Cette superficie est inférieure à celle de l’île de Montréal (499 km2). Par comparaison, selon le gouvernement albertain, les compagnies pétrolières détiennent des permis d’exploitation sur 93 000 km2, une superficie supérieure à celle du Nouveau-Brunswick

 

Et quel serait le coût de cette centrale solaire ? Selon les données de la firme Lazard, en 2014, le coût des centrales solaires photovoltaïques variait entre 6 et 8,6 ¢/KWh (US). Encore une fois, adoptons une attitude conservatrice en prenant la moins bonne donnée et en l’ajustant en dollar canadien : 11,4 ¢/KWh. À ce prix, nous pourrions produire les 87,5 TWh avec 10 milliards par années. Par comparaison, en 2014, les compagnies pétrolières ont dépensé 75 milliards dans les sables bitumineux, ceci pendant que les Québécois dépensaient 18 milliards pour acheter des produits pétroliers.

À la lecture de ces données, on peut dire que la production de pétrole à partir des sables bitumineux exige la destruction d’une étendue de territoire excessivement vaste comparativement à l’énergie solaire. À cela s’ajoute le fait que les sommes nécessaires à l’exploitation de cette ressource sont elles aussi inutilement élevées.

Dans le but de simplifier cette démonstration, je me suis limité à l’énergie solaire au niveau des énergies renouvelables. Le Canada regorge d’énergies renouvelables qui auraient aussi pu être mises à contribution et ce, à des prix égaux ou inférieurs. Les premiers ministres cherchent actuellement une voie à suivre pour diminuer les gaz à effet de serre. Il est important de leur exposer les nombreux avantages de l’électrification des transports combinée aux énergies renouvelables.

Source : Sébastien Collard
Contribution : Martin Archambault