Au Québec, désinvestissons des énergies fossiles

L’Ulaval désinvestit des énergies fossiles

Ulavalo2017-02-16

Hier, l’Université Laval a fait le choix de sortir ses placements des énergies fossiles d’ici 5 ans. En tant que groupe militant pour le désinvestissement des énergies fossiles, Recycle ta Caisse tient à féliciter cette grande Université reconnue pour son intérêt à protéger l’environnement, de même que le vice-recteur exécutif et responsable du volet développement durable, Éric Bauce, pour avoir piloté cette importante prise de position. Nous tenons également à féliciter le groupe ULaval sans fossiles et sa co-présidente, Alice-Anne Simard, et enfin, Karel Mayrand, directeur pour le Québec et l’Atlantique de la Fondation David Suzuki.

Cette bataille aura été courte et fructueuse, ce que nous voyons comme allant de soit. En effet, pourquoi faudrait-il qu’il soit compliqué à comprendre pour un gestionnaire de portefeuille que de continuer d’investir dans les énergies fossiles revient à consentir implicitement à renier l’accord de Paris ainsi que de consentir à un réchauffement climatique supérieur à deux degrés Celsius? Pourquoi serait-il compliqué de désinvestir quand la grande firme MSCI nous montre mois après mois avec son indice « fossil fuel free » (lequel suit l’évolution de 35 000 milliards de placement boursier sur les marchés mondiaux) que le rendement de ceux qui n’ont pas désinvesti a été inférieur de 10% en sept ans ? Pourquoi serait-il compliqué de désinvestir quand les produits manufacturés que sont les panneaux solaires, les éoliennes et les batteries baissent de prix de manière prévisible à chaque fois que l’on double leur production et ceci, alors que la part de marché qu’ils occupent est déjà enviable et qu’elle ne cesse de croître?

Ce qui est étonnant, c’est que des gestionnaires de fonds n’aient pas encore fait le choix de désinvestir. Cette situation surprenante, difficile à croire, pouvait jusqu’ici s’expliquer par le fait que le désinvestissement n’était pas connu et que la culture parmi laquelle il s’est initialement propagé était anglo-saxonne.

Maintenant que l’Université Laval a brisé le plafond de verre, plus aucun gestionnaire de fonds québécois ne peut ignorer ce qui semble tomber sous le sens. Il n’en tient qu’aux autres universités québécoises pour lesquelles la science et la préservation de l’environnement tiennent à cœur d’imiter l’Université Laval.

Quand à la Caisse de dépôt et placement du Québec, son erreur de ne pas désinvestir lui a déjà coûté 7,2 milliards entre 2011 et 2015 selon le groupe de recherche Corporate Knights. Sa lenteur à comprendre l’intérêt du désinvestissement n’a d’égal que l’importance de la perte de rendement qu’elle a accepté de subir et auquel elle continue de s’exposer. Ajoutons qu’hier, elle a perdu la légitimité de faire comme les autres.

Sébastien Collard

Porte-parole de Recycle ta Caisse